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Sous l’effet conjugué de la publicité faite au climat palois en 1842 par le médecin écossais Alexandre Taylor dans son ouvrage consacré à « l’influence curative du climat de Pau et des eaux minérales des Pyrénées sur les maladies », et de l’essor des transports en chemin de fer, la capitale béarnaise accueillit au XIXème une importante communauté anglaise. L’histoire de « Pau ville Anglaise » pour reprendre le titre du livre de Pierre Tucoo-Chala est connue, et ses traces sont encore bien présentes , du golf de Billère à l’église Anglicane ( qui réussit le tour de force de réunir autour de l’autel, St Georges et Jeanne d’Arc !) en passant par les tombes à croix celtique au cimetière de Pau, et le Cercle Anglais, temple de l’art de vivre des gentlemen .

Les mêmes causes produisant les mêmes effets, une importante communauté Russe fit de Pau un lieu de villégiature sous le Second Empire, « Pau ville Russe » cohabitait ainsi avec « Pau ville anglaise ».


La seule trace manifeste de ce lien entre Pau et la Russie , reste aujourd’hui l’église orthodoxe consacrée à Saint Alexandre Nevsky, à l’angle de la rue Jean Réveil. L’église fut crée en 1867 sous l’impulsion du père Hérodien, aumônier de la colonie russe , après avoir recueilli une souscription de 65 000 francs auprès des aristocrates russes résidant dans le Béarn.

Après la construction de l’église Saint Nicolas à Nice en 1859, puis de la cathédrale Saint Alexandre Newsky à Paris en 1861,il s’agissait de la troisième église orthodoxe construite en France ( ou la deuxième si l’on considère que Nice ne fut rattachée à la France qu’en 1860).

Cachée au fond d’un jardin, entourée de palmiers, l’église Saint Alexandre Nevsky est très discrète, elle n’arbore pas les dômes traditionnels de l’orthodoxie, à l’extérieur seule une simple croix de bois barrée en son milieu différencie l’édifice d’une autre paroisse chrétienne. Lors de sa création l’église avait été commandée depuis St Petersburg à un architecte palois, qui en lieu et place d’une église orthodoxe à livré une construction semblable aux eglises protestantes et anglicanes construites pour les résidents anglais et américains dans le quartier actuel du commissariat. Au dessus de l’entrée un triangle frappé d’un œil rayonnant en son milieu symbolisant Dieu, évoque même plus une symbolique maçonnique qu’orthodoxe.


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C’est a l’intérieur des murs que se cache la spécificité orthodoxe, avec l’iconostase importé de Russie et de nombreuses icônes, collectées au fil du temps et des allers retours entre le Béarn et la Russie. Celles recouvertes d’une protection métallique, la riza, sont particulièrement belles.

La petite communauté orthodoxe du Béarn regroupe aujourd’hui moins d’une centaine de fidèles. Pour recueillir des fonds afin d’assurer l’entretien et le fonctionnement de l’église, l’association propose à la vente des icônes et objets traditionnels russes, dont l’inévitable matriochka, la poupée gigogne russe.

Pour découvrir cet aspect méconnu du patrimoine palois, il est toutefois nécessaire de prendre rendez vous auprès du contact suivant :

Eglise Saint Alexandre Nevsky ,Eglise Orthodoxe Russe Hors Frontière (Patriarcat de Moscou) 18, rue Jean-Réveil 64000 Pau Tél: 05.59.02.58.46 .